Les policiers, qui nécessairement imposent une présence intimidante avec leurs armes et leurs pouvoirs coercitifs, se font-ils brasser plus souvent que le personnel à l’accueil des urgences, ou les infirmières en psychiatrie, ou les préposés aux bénéficiaires qui travaillent avec des personnes à un stade avancé d’alzheimer ou de démence ? Ou que les intervenants en dépendance et en toxicomanie ? Ou que ceux de la DPJ ? Des cadres, souvent déficients, existent pour protéger les employés dans tous ces contextes. Mais ces professionnels savent aussi qu’ils ont choisi de travailler auprès de personnes vulnérables — avec tout ce qui vient avec. Est-on conscient de ce que ce choix implique du côté du SPVM ?
À l’inverse, combien de citoyens ont déjà, avant le règlement qui vient d’être adopté, payé cher, sous une forme ou une autre, ce qu’un policier a considéré comme une mauvaise « attitude » ? Il a fallu qu’on parle d’agents du SPVM qui arrachent les cheveux des uns ou qui urinent sur les possessions d’un autre pour qu’on se félicite (!) d’une première historique (!) : avoir procédé à des renvois administratifs. Pour ce qui est des « comportements offensants, humiliants, abusifs, violents ou agressifs » envers les citoyens qui ne sont pas aussi spectaculaires, quelles seront les conséquences ?
Cette loi est simplement absurde. Les agents de police avaient déjà un pouvoir coercitif et des options de poursuite pour ceux ou celles qui les harcèlent. Le clientélisme de Soraya est juste répugnant, et les forces policières devraient savoir qu'il y a une limite à l'impunité. À un moment donné, la majorité de la population ne voudra plus rien savoir des forces policières. Je crois que dans l'esprit de beaucoup de gens, la police représente seulement le symbole du monopole de la violence. Protégez la population ne semble être que la 11e priorité sur la liste.