La crise du logement est bien réelle, mais elle est très mal nommée. C’est en réalité une crise des pièces vides que nous avons. On entend partout qu’il n’y a pas assez de logements qui sont construits, alors que le parc de logements a crû de 32 % entre 2000 et 2023, alors que la population n’a crû que de 19 %. On a donc bel et bien plus de logements par personne que jamais au Québec.

Ce qu’il s’est passé, c’est que la taille des ménages a baissé, et le nombre de logements par ménage a augmenté. Il y avait 2,45 personnes par ménage en 2000, mais seulement 2,31 en 2023. En 2000, ces ménages occupaient 1,05 logement en moyenne, alors que 23 ans plus tard, on était à 1,10 logement par ménage. Les résidences secondaires se sont multipliées

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[–] 4 points 2 days ago (1 child)

Ce qui c'est passé c'est que le prix moyen des logements vides a explosé, que des tours de luxes pour faire des Airbnb sont construites et qu'il n'y a plus de mobilité du fait que déménager double ton loyer.

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  • hideshow 1 child comment
  • [–] [S] 2 points 2 days ago* (last edited 2 days ago)

    Oui, en ce moment si tu loues un logement abordable, pour déménager tu as le choix d'acheter un condo qui te fera probablement payer plus cher au mois pour le même pied carré (avec tous les risques de vices de construction, de syndicat de copropriété mal géré et de difficulté à revendre à terme), déménager dans moins bien que ton logement actuel pour avoir le même niveau de prix sur le loyer (qui ferait ça?), déménager dans mieux qui va probablement te coûter deux fois le prix de ton loyer actuel ou acheter une propriété (bonne chance si tu as pas un super salaire pour l'hypothèque ou des proches pour te backer).

    Les politiques des gouvernements actuels sont de donner plus de capacité aux premiers acheteurs, mais ça ne fait que faire chauffer encore plus le marché. On le voit avec des propriétés évaluées à 500 000 par l'évaluation municipale qui essaient (et réussissent) à se vendre 200 000, voire 300 000$ plus chère que l'évaluation. Tout le monde est perdant, sauf la personne qui a acheté sa propriété pas chère avant 2020 et les courtiers immobiliers.

    Il y a des projets de coopératives d'habitation avec usufruit, mais trop peu pour que ça devienne un modèle disponible pour plus qu'une poignée de personnes chanceuses. Par contre, ça serait la solution pour l'accès à la propriété avec une dynamique hors du marché. Comme pour les coopératives de logement, sauf que ces formules-là sont tellement prisées que tu te retrouves sur une longue liste d'attente. Pas vraiment un plan réaliste quand tu veux déménager prochainement.

    Résultat, les loyers abordables sont super prisés, personne ne veut les quitter et il y a ces maudites tours à condos locatifs "de luxes" qui restent vides sur le bord des autoroutes, près des grands centres. Un vrai gaspillage de ressources pour faire fructifier les avoirs des REIT et des promoteurs privés...

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  • [–] [S] 1 point 2 days ago* (last edited 2 days ago)

    On ne manque donc pas de logements au Québec. C’est simplement que ceux qui en ont prennent de plus en plus d’espace. En moyenne, les Québécois ont plus de mètres carrés chacun, mais la répartition est de plus en plus inégale.

    Ces chiffres qui sont entièrement publics (ils viennent de Ressources naturelles Canada⁠1) ne sont pas très populaires dans le discours pour une raison assez simple. Ils ne correspondent pas à la trame narrative dominante de notre époque – celle qui dit que le coût de la vie étouffe tout le monde. L’inflation et la répartition de la richesse affectent évidemment trop de gens.

    Ce n’est pas un phénomène unique au logement. En alimentation, le gaspillage alimentaire est énorme, alors que ceux qui ont faim n’ont jamais été aussi nombreux, comme en témoigne la situation dans les banques alimentaires. La consommation d’électricité est en croissance, mais il reste qu’Hydro-Québec a toujours un très grand nombre d’ententes de paiement avec les ménages en difficulté de paiement.

    La répartition des richesses est une voie pour régler ce problème. Par contre, quand la majorité de la population a plus d'argent, les prix montent. Il nous faut des solutions hors-marché: logement social, économie sociale, plus d'OSBL/OBNL. L'économie de marché ne devrait pas être employée pour les services et les biens essentiels. Ça crée des inégalités inhérentes dues à l'accumulation du capital qui tire constamment les richesses vers le haut, ce qui laisse le reste de la population avec des miettes. Bref, les plus riches peuvent bien se battre entre eux avec leur pouvoir d'achat sur des biens luxueux et non-essentiels, mais laissez la bouffe, l'habitation, l'éducation et la santé hors de la dynamique marchande!

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