Lorsque des dispositifs d’intelligence artificielle (IA) peuvent générer, avec ou sans intervention humaine, des textes, des sons ou des images, c’est tout le processus de circulation de l’information inhérent aux processus démocratiques qui est métamorphosé. Bienvenue dans l’univers informationnel personnalisé au gré des interrogations de chaque individu, là où des outils carburant à l’intelligence artificielle produisent des réponses sur mesure aux moindres questions qui nous viennent à l’esprit. Les médias de masse seront-ils supplantés par les robots proposant du contenu sur les événements d’actualité généré en fonction de notre profil ?

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[–] [S] 3 points 1 week ago* (last edited 1 week ago) (1 child)

Cette évolution n’a pas échappé aux tribunaux, appelés à déterminer si un moteur de réponse est responsable des propos qu’il formule à la suite d’une interrogation. Par exemple, il y a quelques mois, un tribunal allemand a jugé Google responsable des fausses informations produites par ses résumés générés par IA. Les autorités allemandes ont considéré que ceux-ci relèvent de la législation sur les médias, au même titre que les médias de radio ou de télé.

En 2024, dans une affaire impliquant le passager Moffatt et Air Canada, un tribunal de la Colombie-Britannique a déterminé que l’entreprise qui met un robot conversationnel à la disposition du public est responsable des informations qui sont ainsi fournies aux personnes qui interagissent avec le dispositif.

Je dois être gossant, mais je rappelle toujours à mes proches de ne pas lire le résumé de Gemini après des recherches de Google. Au mieux, utiliser Duckduckgo qui permet de désactiver les résumés par GML à même l'URL: https://duckduckgo.com/duckduckgo-help-pages/ai-features/about-noaiduckduckgocom. Lire à la source devrait être un réflexe, même lorsqu'on utilise un robot conversationnel avec des commandes. Cette façon de suivre à la lettre ce que génèrent les robots conversationnels est, franchement, paresseuse et dans un contexte professionnel, nuisible à la qualité du service ainsi qu'au maintien d'un écosystème d'information libre et démocratique.

Tant mieux si des instances légales déterminent que l'entreprise est responsable de ce que produisent leurs robots conversationnels. Ça reste une action a posteriori, c'est-à-dire que ça n'endigue pas le réflexe des internautes de sauter sur l'information avant de se questionner. J'imagine facilement un écosystème où on met de l'avant la source primaire ou secondaire et où le robot conversationnel ne sert que d'assistant à la recherche. C'est ce que j'avais imaginé avant 2022, quand le traitement naturel du langage aurait pu servir au traitement des recherches en corrigeant les erreurs de frappes, en suggérant des termes similaires ou en offrant des vedettes-matière/thématiques pertinentes. Bref, on est loin de ce monde où on améliore surtout la recherche dans les outils de sources primaires et secondaires (c'est-à-dire, les bibliothèques et les catalogues de ressources en ligne) qui se font plutôt manger leur budget par les GMLs des grandes entreprises américaines.

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