Parmi les travailleurs sondés, 26 % souffraient d’insécurité alimentaire marginale, 21 % d’insécurité modérée et 8 % d’insécurité sévère.
« Le niveau marginal, c’est avant tout la peur de manquer de nourriture, qui est déjà associée à de moins bons résultats de santé physique et mentale. Au niveau modéré, on voit des changements dans les habitudes alimentaires. On opte pour des aliments qui coûtent moins cher, ce qui a un impact sur la variété et la qualité de notre alimentation. Au niveau sévère, on est dans la privation alimentaire : sauter des repas ou passer des journées entières sans manger », explique la nutritionniste Rosanne Blanchet, coautrice de l’étude et elle aussi professeure adjointe à l’École de santé publique de l’UdeM.
Pour le tiers des travailleurs agricoles, c’est leur patron qui détermine quand ils peuvent aller faire leur épicerie. « Ils sont souvent dans des zones isolées, dans des fermes, loin des épiceries. Ça demande toute une logistique pour se nourrir. Si l’employeur n’y pense pas ou si ce n’est pas prioritaire pour lui, la responsabilité va retomber sur les travailleurs eux-mêmes. Mais s’ils n’ont pas de ressources pour se déplacer, ils vont attendre longtemps pour aller faire leur épicerie », relate Lara Gautier.
Beaucoup d’employeurs prévoient des circuits en autobus une fois par semaine pour le ravitaillement en nourriture. « Mais si l’employé travaille cette journée-là, il a manqué sa chance », constate Mme Gautier.
Et les employeurs se demandent pourquoi les Québécois.es ne veulent pas de ces emplois. Faire venir des personnes pour qu'elles travaillent dans notre secteur agroalimentaire et ensuite ne pas leur donner les opportunités, l'infrastructure et les moyens de se nourrir convenablement. C'est franchement dégueulasse.
1 comment