[–] 1 point 2 hours ago*

Yes, we started purchasing very early on with DVDs, when they were the new thing (I started with Betamax and VHS ;) and we never had any reason to quit using them. My spouse and I tried streaming very early on but after a few interesting years they quickly devolved into a very unchallenging crap factory merely trying to promote this or that type of ideology (we both dislike propaganda, no matter who's "camp" it's pooped from) so we cancelled and went back to our more valuable than ever collection of (great) movies on DVDs.

Like you: no BR discs because, as a GNU/Linux user, I don't want to bother with their DRM crap.

The same with CDs, btw: we also own a large collection of those. With a difference: it's 100% ripped, so I don't need to actually load the discs.

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  • [–] 2 points 1 day ago

    Empathy is not hyped on Reddit... nor on any other social media, including here.

    There are still great communities on Reddit with real fine people trying to share valuable content, let's just say most of those communities are niche and those users are not there to find people they can beat down risk-free.

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  • [–] 3 points 2 days ago (4 children)

    2: je sais pas.

    1: tu cherches quoi comme features? Ultra-basique, Hugo (générateur static, aka à la différence WordPress pas une faille de sécurité sur pattes qu'on doit en pemanence maintenir à jour...) me permet facilement de (dé)publier des posts. Mais on est loin du catalogue d'options dispo avec un truc comme Wordpress.

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  • [–] 6 points 2 days ago

    You should have been more careful while washing them, I think you ever so lightly chipped a few of your dishes. I think I can even see a couple with tiny holes in them. Too bad.

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  • [–] 14 points 2 days ago* (last edited 2 days ago)

    We should NOT allow bots to interact with the community in any case.

    Two points:

    1. Like you, my issue is mostly with that tool being controlled by a handful corps and billionaires. Meaning no matter what, they will be getting all the benefits, not us. Heck, they're already selling us back, as a sub, our own knowledge they pillaged online and from books.

    2. Soon they will be everywhere. Let us keep some... humanity. I mean, they're already monkeying being an author, if we also encourage them to try to impersonate a reader what will be next, asking to have sex with a few of us so it can also experiment that too? Let it be clear: I'm not volunteering for that :p

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  • [–] [S] 2 points 2 days ago

    Je reviens sur ceci:

    Moi aussi, c’est un sujet qui revient souvent quand on parle du salaire universel. L’argument que tu reçois en retour c’est “Wé mais les gens vont rien foutre toute la journée et glander sur Netflix OSKOUUUR !”

    J'ai connu ça quand je suis arrivé sur Paris, c'était il y a presque 30 ans de ça, alors que je négociais un job avec un employeur potentiel quand j'ai exigé de travailler à domicile (tu parlais d'asocial? Tu n'es pas le seul ;) dans un secteur où l'usage était et est encore de travailler en tas dans une grande pièce, avec un bureau pour le chef (moi). Alors que j'avais été embauché pour piloter certains projets, je me suis heurté à une résistance de pure méfiance de la part de tout le monde (pas juste de mon employeur) : j'allais rien foutre de la sainte journée, j'étais un pourri et un planqué, si j'étais pas là tout le monde pouvait faire ce qu'il voulait, etc. Et il m'aura fallu batailler presque un an malgré et contre cette méfiance (et donc y gaspiller un paquet d'énergie, et de temps) pour qu'ils acceptent enfin ce que disaient les chiffres: ma façon de bosser marchait plutôt très bien. Et même comme ça, pas tous/toutes ont suivi, loin de là… et au final je n’en suis pas sorti plus fort. Bref ;)

    Pour rebondir sur ton salaire universel, ma vraie inquiétude c'est pas tant "la paresse des gens", ça je pense que tu le résumes très bien : après une phase de transition, ça devrait passer... pour la plupart du moins. Ce qui m'inquiète vraiment c'est comment ça va être exploité par certains businesses pour faire plus de profit… en augmentant mécaniquement les prix…. juste parce que bah, le client peu se le permettre, c'est de l'argent gratuit. Ah ben tiens, un peu mais pas complètement comme je parle ici de vaches à lait (oui, c’est le jour où je fais des liens vers mon blog, personne n'est obligé de cliquer: je ne bouderais pas ;)

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  • [–] [S] 1 point 2 days ago

    Oui, on peut et on devrait sans doute. Comme partout, c'est une question de proportion et d'équilibre.

    Je ne connais pas vraiment One Piece, j'ai lu un album (que j'ai plutôt apprécié pour sa créativité et son énergie) et plus récemment j'ai pu regarder un bout de film ou de série, je ne sais plus trop, que j'ai trouvé sans intérêt. Aucun. Banal, sans surprise. Mais par nature je suis assez réfractaire aux séries à rallonge et autres reboots, préquelles et séquelles sans fin (et tellement trop souvent sans scénario) pour la raison que tu signales: elles sont de plus en fabriquées pour exploiter un filon, par pour partager quelque chose.

    Cela dit, je suis aussi le genre de benêt qui va relire sans hésiter le même bouquin à peu près chaque année, parce que je le trouve excellent (ici, le benêt en question jette discrètement un coup d'oeil vers son cher Ovide et aussi son pas moins cher Baudelaire). Comme quoi, on a tous nos petites faiblesses.

    Je vais pourtant mettre une nuance: OnePiece n'est pas un algorithme entièrement conçu pour garder ses utilisateurs accrocs à un contenu stérilisé… dans le meilleur des cas, anxiogène, haineux et même crapuleux le reste du temps... (oui, oui et j'insiste: même quand il s'agit de haïr des méchants pas gentils qui font du mal, c’est nul). Je ne sais pas du tout comment la série a évolué, mais il me semble certain qu’il y a du contenu ou, au pire, qu’il y en a eu à ses débuts.

    Mon avis serait plus critique sur des produits comme la saga Star Wars, par exemple (y en a trop d’autres) dont à mon avis les 3 premiers épisodes auraient du suffire, voire seulement deux. Le reste, c’est marketing mise en images pour séduire les fans sans leur demander aucun effort et pour leur donner des sensations à bon marché et aussi, c’est le vrai changement mai sil est assez décevant, pour satisfaire les attentes d’un public X ou Y qui peut varier d’un film au suivant et là encore, généralement en visant le dénominateur commun le plus petit. C’est un miroir ‘magique’, un peu comme celui de la sorcière dans Blanche-neige ‘Miroir, gentil miroir, dis-moi qui est le plus Jedi/Gentil/Méchant?’, et ce ne fut pas vraiment une surprise que ce soit Disney qui en exploite les droits… ca fait quelques décennies qu’ils se sont spécialisés dans la fabrication de soupe garanties sans indigestion, eux qui étaient à une époque plutôt audacieux, dans leur genre. Bref, c'est pas trop le sujet :)

    … Et oui, si quelqu’un ne l’avait pas encore noté, je confirme que je ne suis effectivement pas l’auteur de ‘Comment facilement se faire des amis’ ;)

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  • [–] [S] 2 points 2 days ago

    Donc si tu n’as que 3 mois de vacances mais qu’il t’en faut 6 pour débrancher et passer à autre chose comment on fait ? :)

    Le genre de question pertinente que notre ronronnante société ne veut surtout plus entendre: tenter d'y répondre obligerait à réfléchir alors que c'est tellement moins d'efforts de simplement détester "l'autre camps" et de lui reprocher tous les problèmes... quitte à ne surtout pas les régler.

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  • [–] [S] 3 points 3 days ago (4 children)

    Ne pas travailler ne veut pas dire rien foutre et doomscroller Instagram avec Netflix en fond.

    Ne pas travailler ça veut dire avoir le temps de faire ce que tu veux vraiment faire. Cela va d’aller toucher de l’herbe à faire de la science.

    Amen. Peut-être que ma vision du travail est assez proche de la tienne :)

    Et ne parlons pas de l’éléphant au milieu de la pièce que sont les réseaux sociaux et autres gafam qui feront tout ce qui est possible pour que ton temps libre soit à eux.

    Donc ce n’est plus 3 mois de liberté mais 3 mois de temps de cerveau offert à doomscroller et binge watcher…

    Justement, comme je dis là-bas, l'idée ce serait que non en fait... mais je reconnais être un indécrottable naïf.

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  •  

    Une réflexion en passant sur la façon dont nous passons notre temps qui, l'air de rien, passe lui aussi... sans retour possible : Trois mois de vacances offertes en plus par an, ça vous dirait?

    Une des choses qui rend les réseaux sociaux si séduisants, c’est l’illusion que nous avons le temps. C’est cette idée que ça ne nous coûte presque rien de “doomscroller” ces flux de contenus qui sont, pour l’essentiel, juste un peu de temps perdu.
    C’est une illusion encore plus forte quand on est jeune et que, en théorie du moins, on a la vie devant soi. Mais ça reste une illusion. Une illusion qui ne concerne pas que les plus jeunes, loin de là.
    ...

    Vous en pensez quoi? Si vous en pensez quelque chose, bien entendu ;)

    Edit: J'aurais pu poster dans le fil 'Discussion du jour'. My bad.

     

    First, I'm not sure it's ok to share such a simple hack that it barely deserves to be called a hack.
    Second, the link points to my own blog (fear not: zero ads, zero tracking and, nope, I have nothing to sell you either. It's content freely shared at my own expense, like most blogs once used to be: a personal space to actually echange content and ideas with our fellow human beings, and with a smile).

    But I do find this simple, cheap (it's 100% made out of reused/recycled stuff) and dirty little hack very useful as it allows me to much more easily take notes while reading a book, or whatever else I may be reading even good old newspapers. No matter where I'm, be it comfortably sat at home or anywhere I may be reading and taking notes... Yesterday, I spent 5 hours or so at the local Emergencies to be checked by a doctor but I was able to work almost as comfortably as I would have done at home thx to a stupid piece of cardboard very much like this one:

    jvQ2zn7OJglUvNP.jpg

    With time, I've devised a few different models (I think I show two models in the blog post, but there are a few more.

    My latest attempt is made out of... I don't know the English word for that very lightweight extruded plastic of various thickness used to make signs (house for sale, and crap like that), it's also very light. It's the first model I've not made out of some sort of cardboard and also is the least usable one, by far: that plastic is not great for writing on (the pen will punch through the thin surface the second one presses too hard.

    These boards all share the same basic idea:

    • a flat surface to write on and to hold fast the loose sheet of paper (I use A6, one can obviously use whatever size they prefer),
    • A surface that is not too large (my latest versions are approx A5-sized, even though I use A6 sheets as it leaves more room to rest my hand on while I write), so I can easily carry it around with any book I'm reading.
    • A way to hold spare sheets
    • A way to hold a few pens, safely as I don't want to risk losing them when I'm carrying it around. I need at least one pen but will sometimes use up to three, including a colored mechanical pencil for highlighting, depending the book I'm reading.

    More photos and a few explanation on my blog: A Portable Writing Board

    Je sais pas quel titre mettre, alors : une planche portable pour écrire Intéressant Vie Pratique Tech Brico Insolite (piefed.social)
     

    Aucune idée si ce machin intéressera jamais qui que ce soit à part moi, mais au cas où : j'ai posté quelques photos du bidule que j'utilise pour prendre mes notes très confortablement (sur mes petites fiches en papier), y compris pendant que je lis un bouquin. Et comment c’est fait à partir de merd… pardon, je voulais dire, à partir de matériaux recyclés (y compris des BD, même pas honte!) :

    illustration de la planche à écrire

    Bref, si ça n'intéresse personne, mes excuses pour le bruit. Sinon, c'est-à-dire s'il existe une autre andouille comme moi qui préfère écrire à la main sur du papier, plutôt que sur un écran avec un clavier, un stylet ou, je frissonne d'effroi rien qu'à l'idée, avec ses deux pouces sur un clavier virtuel de smartphone... Il y a un peu plus d'infos sur le blog. C'est écrit en anglais, mais y a des images :P

    Edit: oui, j'ai mis 'Tech' et 'Intéressant' en flair, et non j'ai pas mis 'Nostalgie', non mais :p

     

    k6Qqa6BEHRNkmDW.jpg

    It’s a 1988 or so ‘Saitek Kasparov Cavalier Chess Computer and Coach’.

    Sure, it’s old but it is still more than adequate to play with random people, when there is no better chessboard available. And despite its engine being laughably weak compared to the modern days chess engines, it’s still more than capable to beat my weak ass the few times I play against it ;)

    Why not play on my phone?

    • Unlike all our smart devices, this device doesn't spy on me. As a matter of fact, there is no Internet subscription required, it doesn't even need to access the Internet.
    • It uses 3 standard AA batteries (2 years memory/more than a week or two of playing time).
    • There is no ads, no Notifications, no bugs, no crash, no updates, no upgrades.
    • There is no screen to look at: it's as easy to read under direct sunlight than at night in a room.
    • Plus, it looks cool (on more than a few occasions, it was an excellent conversation starter).

    Downside: it can't play on lichess.org (or on chess.com) but I'm fine with that.

    With some patience, one can still find it or one of its many siblings for cheap in thrift stores/flea markets/yard sales.

     

    Ma moitié et moi sommes sur le point de quitter notre petit appartement parisien... pour aller pas très loin de Paris, mais cette fois dans un appart un peu moins petit et, surtout, avec un jardin. Un vrai. Avec des arbres, des plantes, des fleurs, des insectes, etc.

    Jardin que l'actuel 'mainteneur' à cessé de maintenir depuis quelques temps car lui-même s'apprête à déménager. Il s'en occupait apparemment plutôt bien, avait mis au point un système pour y faire du compost/terreau avec nos déchets organiques, des nichoirs pour les oiseaux, d'autres ‘nids’ pour les insectes, etc. A vue de nez, le jardin fait dans les 400-500 m². C’est surtout de la pelouse, des arbres et des bacs (plus ou moins grands où il faisait pousser des tomates, des tournesols, etc.), c'est exposé de tous les côtés avbec du soleil par endroits et de l'ombre ailleurs. Ce n’est donc pas un potager de légumineuses, et ce n’est pas non plus une terre à défricher sur laquelle je pourrais planter des tas de trucs à ma guise. Mais ça reste une surface qui va demander un peu d’entretien pour perdurer et qui peut sans doute être… enrichie, avec un peu d'expérience.

    Bref, après son départ, dans les semaines ou mois qui viennent, il n'y aura apparemment personne dans les copropriétaires pour s'occuper de ce jardin et ça me ferait mal de voir ce chouette jardin dépérir. Egoïstement, j’y vois un espace vert, calme et plaisant pour m’y reposer et pour y lire,… mais aussi un espace bourré d’un tas de plantes et de petites bestioles sympa observer, et à dessiner et à peindre à l’aquarelle ;)

    Forcément, y a un mais : je m’y connais autant en jardinage qu’en neurochirurgie. C’est-à-dire pas du tout.

    Je compte donc commencer doucement, en me concentrant durant cette première année sur des zones localisées, pour prendre mes marques, tout en tentant de maintenir en vie l’ensemble.

    Auriez-vous quelques livres à conseiller à un débutant qu pourrait m’aider à ne pas faire de grosses conneries? Ou bien vous pensez que je suis sur le point de me lancer dans une mission kamikaze?

     

    The French daily newspaper 'Le Figaro' (celebrating its 200th birthday this year) published yesterday its literary supplement 'Le Figaro Littéraire'. Its front page is dedicated to the (dying) art of the diary: 'Journal intime, les derniers feux' says the French original title, which I would translate as “Diary: a Fading Art” but literally translates as “Personal diary, the last embers”.

    Beside the front page, the supplement only dedicates two pages to the topic, and only talks about published/famous writers keeping a diary, not saying a word about mere people keeping a diary but that’s ok.

    The screenshot is probably unreadable but I thought you might be enjoying having a look at that double page to see what it was like inside:

    GRFEj0k13nrIuC8.jpg

    BTW, if you read French, I consider Pierre Bergounioux’s and Julien Green's diaries remarkable (they are two of the names mentioned in those two pages).

    (and, yep, I'm one of those people who do read print newspapers daily, not their online version. I read one in the morning and another one, from another political side, in the evening)

    The front page of the latest Literary supplement from the French Newspaper Le Figaro.
    - YouTubeÉcole, lycée, université : comment les jeunes lisaient en 1964 ? | INA Société Lecture Culture Tranche de vie Question Réflexion Nostalgie (www.youtube.com)
     

    Interview de (très) jeunes lecteurs de 1964, autour de ce nouveau concept : le livre de poche, qui a alors à peu de choses près le même âge que ce jeune garçon.

    Ce qui suit est un mix de citations tirées des questions/réponse et de commentaires perso.
    D’abord, un garçon de 11 ans qui, après avoir expliqué qu’il avait récemment commencé à s’améliorer en grammaire et en orthographe, et aussi que son père l’avait gentiment embobiné pour lui faire lire un 1er livre dans la bibliothèque rose et que, depuis, ils les avaient tous lus :

    — (La journaliste, après lui avoir demandé les auteurs pour adultes qu’il aimerait lire un jour (La Fontaine, Victor Hugo)) : Et tu as déjà lu des auteurs pour adultes ?
    — Oui (…) Charles Péguy (…) on a lu deux poésies en classe, ça m’a intéressé mais c’est encore un peu dur pour moi (sourire).   — (…) a une certaine époque je préférais la télévision mais maintenant je préfère les livres.
    — Pourquoi ?
    — (…) dans les livres, j’imagine dans ma tête ce que je lis et je trouve que ça me complète plus. Y a plus de détails.

    (cette dernière remarque est tellement essentielle : lire ce n’est pas de la consommation passive de contenu. Ce n’est pas la tv ou TikTok. C’est participer, avec l’aide de l’auteur, et construire son propre imaginaire, qui est unique. Et en prime il n'y a aucune coupure de pub, quand on lit)

    D’autres, plus âgés, sont également interrogés. Ici, une jeune fille de 12 ou 13 ans :

    — Vous vous privez d’acheter autre chose pour acheter un livre ?
    — Je ne pense pas qu’il y ait autre chose qui me fasse autant plaisir que d’acheter un livre.

    Un autre jeune garçon, de 12 ou 13 ans lui aussi j’imagine :

    — Vous achetez des livres surtout depuis que les livres de poche existent ?
    — Oui, je crois. Parce que, vraiment, c’est un prix modique (…)

    (c’est hélas de moins en moins vrai, sauf chez une poignée d’éditeurs qui persistent à donner au livre de poche ce rôle d’objet imprimé à pas cher qui sert de révolutionnaire porte d’entrée dans le monde la lecture. J’ai pas loin de 60 ans, ma bibliothèque est bien fournie de livres ‘coûteux’ mais quand j’avais l’âge de ces enfants, quand je ne piquais les beaux livres de la bibliothèque de mon paternel, je ne lisais que des livres de poche que je pouvais facilement me payer avec mon argent de poche ou que mes parents n’hésitaient pas à m’offrir vu leur prix très modeste).

    Autre plaisante surprise, entendre certains de ces jeunes expliquer qu’ils n’ont pas peur de ne pas terminer un livre qu’ils n’aiment pas. C’est tellement essentiel de ne pas moraliser l’acte d’ouvrir (et de refermer avant sa fin) un livre.

    — … ‘La porte étroite’ de Gide, autant j’ai aimé la symphonie pastorale, mais là La porte étroite ne m’a pas plus du tout (et je ne l’ai pas terminé).

    Ce qui me touche, plus fort que je vais l’admettre publiquement, c’est autant leur facilité à exprimer des idées nuancées que de ressentir leur joie toute simple de pouvoir lire des livres. Comme cette autre jeune fille, plus timide que les autres et qui à un moment, avec un superbe sourire de tout son visage dont je suis certain qu’il rougit, s’écrie :

    — Ah pour moi, les livres, ben, c’est extraordinaire !

    Une autre, plus loin dans le reportage, âgée de 18 ans, explique comment elle décide de ce qu’elle lit :

    — Il y a des modes au lycée, à un moment tout le monde lit du Paul Eluard, une période où tout le monde lit Sartre. (…) Très influencée quand je l’ai lu par Stendhal, par Le petit Prince, heu… j’ai été influencée par Shakespeare. Beaucoup aimé Shakespeare. Et puis Sartre, Camus et aussi, à côté, le théâtre d’Anouilh.

    Je me demande quels influenceurs elle Likerait sur TikTok et X, cette jeune fille de 18 ans qui, en 1964, lisait ces vieilleries sans intérêt que sont Sartre et Eluard, et qui aimait Shakespeare ? Sérieux, c’est merveilleux, Shakespeare comme Eluard. Et si je ne suis personnellement pas un admirateur éperdu de Sartre, ça reste une erreur de ne pas le lire.

    Je me demande aussi ce que les enfants de 11 ans lisent en classe, de nos jours ? Je suppose que Péguy n’est pas resté au programme ? Il n’est certainement pas le plus facile à aborder, poésie comme prose, son style à de quoi désarçonner même des lecteurs chevronnés, mais c’est dommage de ne pas persévérer car, une fois qu’on arrive à comprendre comment le rythme est au cœur de son écriture (ben oui, c’est un poète), en plus de rencontrer au auteur captivant, on découvre une rare intégrité et honnêteté intellectuelle (si pas du génie) ; un militant socialiste et un ardent catholique aussi qui, par son refus de toute compromission, se fâchera avec ces deux groupes de population et se retrouvera encore un peu plus en marge ; un pacifiste convaincu et sincèrement ouvert au monde qui, tout en même temps, se trouve être un Français très amoureux de la France et qui sera tué au front en 1914 à la tête de son peloton d’hommes… Bref, on lit quoi, à 11 ans en classe, en 2026 ?

    Retour au reportage et à ces jeunes gens :

    — (à une des jeunes filles de 18 ans) Est-ce que vous pourriez me donner une définition de la lecture ?
    — (après une petite pause méditative) Oh, il y a quelque chose de très simple. Moi, je trouve que la lecture c’est le moyen de se chercher et de se trouver.
    — Et vous vous êtes trouvée en lisant ?
    — (grand sourire) Pas encore. (re-grand sourire)

    Bref. Un rappel doux-amer que jusqu’il n’y a pas si longtemps encore, en France on ne voyait pas de difficulté à faire les lire les jeunes. Et pas leur faire lire des versions abrégées et stérilisées des textes classiques, dont chaque mot ou presque se doit à présent d’être accompagné d’un commentaire critique, quand il n’est pas carrément réécris à l’aide d’un vocabulaire simplifié, pour s’assurer que ce pauvre jeune lecteur n’ai aucun — disclaimer : suis un mot qui peut choquer — effort mental à fournir.

    Le rappel, aussi, que cette lecture toute brute (et exigeante) ne semblait pas traumatiser ces jeunes lecteurs. Bien au contraire. Ils en redemandent.

    Si ça n’était pas clair en lisant mon long commentaire, je pense que ce reportage de 24 minutes mérite d’être regardé. Y compris le court morceau qui est consacré à un auteur/prof de français qui explique comment il tente de donner le goût de lire aux enfants… et dont les conseils de lecture feraient très certainement hurler au scandale bien du monde aujourd’hui. Et ce n’est pas à prendre pour un compliment pour ce monde qui préfère les hurlements outrés à la lecture.

    À Roubaix, cette école remet des élèves en difficulté sur pied Intéressant Tranche de vie Réflexion (www.youtube.com)
     

    Cela fait des années que je m’inquiète du déclin (version polie) de l'éducation publique et de voir comment ce sont des établissements privés qui semblent presque seuls à même d’offrir une alternative à cette faillite. Des établissements hélas souvent réservés aux enfants dont les familles peuvent payer le ticket d’entrée.

    Cette petite école, installée dans un quartier très populaire, socialement très varié mais à majorité musulmane de Roubaix, semble appliquer des méthodes similaires à ces écoles plus 'select' (discipline, port de l’uniforme, vouvoiement et respect des enseignants comme des élèves, rappel de ce qui devrait constituer le fondement de l’éducation en France (c’est-à-dire dans république laïque, au sens strict et non-moralisateur), sans oublier des méthodes d’enseignement plus traditionnelles basées sur — attention, gros mots — l'effort et le travail personnel des enfants.

    Elle montre aussi et surtout, à mon humble avis, qu’il n’y aucune raison de réserver ce type d’enseignement plus exigeant (et plus formateur) à une poignée d’élèves privilégiés. C’est quelque chose à quoi devrait tendre, l'éducation nationale... s'il n'est pas trop tard pour la sauver ? C’est peut-être même ce à quoi, un jour, elle a pu tendre.

    Regarder ces enfants apprendre des choses et s'ouvrir au vivre ensemble, en sachant qu’il ne s’agit pas à nouveau des enfants de notre prétendue élite, ça m'a donné un peu d'espoir. Je le reconnais volontiers.

     

    Un lien vers mon blog: ma réaction sur le vif (et en anglais, j'ai pas trop pris le temps d'y penser) à l'écoute de l'impressionnant discours de Carney à Davos. Je me fiche de son appartenance politique ici, j'ai lu (et aussi écouté) le discours et je peux dire que je n'ai pas été aussi ému par un politicien depuis... je sais pas quand. Etre ému par le pragmatisme, c'est fortiche je trouve.

    Je veux bien admettre que je suis probalement un peu trop directement concerné par ce qui se passe pour juger froidement de la portée de son discours et de sa position mais, bordel de tabernacle dirais-je, c'est exactement ça que j'attendais de nos politiciens européens depuis que O say, can you see, by the dawn's early light... a décidé que c'était OK de se comporter en bully. Alors, ok, ça ne vient pas d'Europe, mais le discours est ouvert... Libre à nous de décider de suivre leur chemin.

     

    https://www.youtube.com/watch?v=aKoCZKtpS3Q

    A great way to regain control by telling kids to use good old (text)books instead of digital reading in class, and by storing away their phones while in class. Helping them realize they can have a interesting (and exciting) time away from the screens and outside of social media. Also encouraging adults around them to show the example, using less screens themselves.

    The sad part is that what was once considered common sense seems quite groundbreaking and a somewhat... difficult to apply idea. Still, no matter how difficult, I would love to see that happening in all other European countries, quick.

    1975: le vieux Paris qui disparaît Intéressant Tranche de vie Réflexion (piefed.social)
     

    https://www.youtube.com/watch?v=H6dR3YnGbBo

    (Bouteille temporelle, qui donne la parole aux parisiens de l'époque, avec des petits bouts de Robert Doisneau.)

    (La journaliste à un jeune homme relogé dans un appartement moderne, après que sa veille maison a été rasée): Vous aimez?
    Non, mais je ne compte pas yrester d'ailleurs.

    ... les gens vont s'adapter et arriver à attendrir le béton. C'est sûr.

    Imho, connaître notre propre histoire est la seule manière d'espérer comprendre notre présent ainsi ce que pourrait être notre futur. 40 minutes pleines d'humanité.

     

    Imagine there is no YT, no Twitter/X, no Facebook, no Netflix, no Amazon, no Apple, no Google to to search the Web, no chatGPT. Imagine there is no TikTok either (even though it’s not US). Just imagine there is no ‘giant’ tech from anywhere owning any app or service that millions if not billions of people are willing to use.

    A world without any of those giant (US) tech companies and services that many of us take for granted.

    In that world, what would you use the Internet for? How would you use it? And how much time do you think you would spend online, compared to now?

    (my own answer in the comments)

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