Pour éviter un malentendu, j'éviterais l'usage du mot "toutes" et "disparu". Parce que même dans ta nouvelle explication, la phrase prise pour son sens immédiat est fausse : les gars deux fois plus costaud que moi sont deux fois plus loin dans les rangées. Ce genre d'effet n'a pas "disparu".
Ceci étant dit, j'ai été très à cran sur l'usage d'une tournure absolue, et je te présente mes excuses pour ça, c'est un déclencheur chez moi. Je reconnais que ton argument tiens même quand on le réduit aux faits : les machines nous rendent plus productifs et rendent le travail moins pénible dans son ensemble. Je pense pas qu'on ait besoin de dire que "tous les métiers musculairement pénibles ont disparu".
Les esclaves étaient certainement pas aux 35 heures, mais c'est pas garanti qu'iels bossaient plus que les ouvriers du XIXe. Ça dépend beaucoup des cas, mais dans l'idée, ton esclave, c'est ta propriété, s'iel crève, c'est ton patrimoine que tu perds, donc tu as intérêt à bien lea traiter et à pas trop lea fatiguer. Tes ouvriers et ouvrières, tu t'en fous, s'iels crèvent, d'autres viendront.
Le risque de romantisation des périodes antérieures est avéré, ceci dit il faut lui adosser le phénomène inverse, ces périodes ont souvent été dépeintes comme des périodes horribles, la vérité est sans doute quelque part entre les deux. Je maintiens qu'à mes yeux, les conditions matérielles de vie se sont détériorées pour l'humanité à deux moments de son histoire au moins : la sédentarisation et la révolution industrielle. A chaque fois, je pense qu'on peut en faire la même analyse à gros traits : ce ne sont pas les bonnes conditions de vie pour toutes et tous qui permettent l'émergence ou le renforcement de pouvoirs, ni l'avantage reproductif d'une partie de la population. En d'autres termes, ce n'est pas nécessairement parce que les gens sont plus heureux qu'iels se reproduisent plus, ni que des structures sociales fortes émergent. A mon sens, les deux fois, il y a eu un gain de productivité qui a impliqué une dégradation des conditions de vie immédiates, mais a permis une amélioration sur le très long terme.
Et comme j'ai précisé, je ne parle pas des structures sociales du Moyen-Âge (donc du nombre d'heures de travail), mais bien du niveau de vie matériel. Si tu y rajoutes les connaissances médicales d'aujourd'hui, je maintiens que c'est clairement un niveau de vie qui m'irait, et que je ne peux pas juste le choisir librement aujourd'hui.