Téléréalité stupide en ce moment : on enferme des rappeur·euses dans un labyrinthe avec des créatures génétiquement modifiées qui essaient de les tuer. En plus de survivre, les artistes se livrent à de vraies battles improvisées au hasard des rencontres dans le dédale de couloirs. Il y a un gros contrat à la clé.
Je regarde pour les performances musicales. Tarm5l est carrée (tout le monde le dit), mais le niveau général n'est vraiment pas exceptionnel. C'est de la télévision: casting faible, prestations chaotiques avec l'équipement HF, pas de public, et la voix off n'y connaît rien en rap visiblement.
De leur côté les monstres ont réussi à me surprendre. Déjà trois victimes et le dernier mort s'est fait liquéfier par une sorte de gelée vivante corrosive.

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Téléréalité Microfiction ☐ CC BY (feddit.fr)
 

Téléréalité stupide en ce moment : on enferme des rappeur·euses dans un labyrinthe avec des créatures génétiquement modifiées qui essaient de les tuer. En plus de survivre, les artistes se livrent à de vraies battles improvisées au hasard des rencontres dans le dédale de couloirs. Il y a un gros contrat à la clé.
Je regarde pour les performances musicales. Tarm5l est carrée (tout le monde le dit), mais le niveau général n'est vraiment pas exceptionnel. C'est de la télévision: casting faible, prestations chaotiques avec l'équipement HF, pas de public, et la voix off n'y connaît rien en rap visiblement.
De leur côté les monstres ont réussi à me surprendre. Déjà trois victimes et le dernier mort s'est fait liquéfier par une sorte de gelée vivante corrosive.

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Gastronomique Microfiction ☐ CC BY (feddit.fr)
 

[ Avertissement de contenu : bouffe, répression judiciaire ]

— Tu sais QUI elle a vu Fili, dans un gastro, l'autre jour ?
— Au restaurant gastronomique ?
— Oui, devine.
Au lieu de répondre, Agathe contemple le verre toujours plein d'Océane en face d'elle. Son amie n'en a bu qu'une toute petite gorgée, alors que son verre à elle est déjà à moitié vide.
— Hmm, je sais pas... Qui va dans un gastro déjà ? Le prix d'un menu c'est mon budget bouffe pour un mois entier.
Océane grignote une poignée de cacahuètes en attendant une réponse à sa devinette, les yeux en coin vers la grande vitre du bar par laquelle on voit passer vélos et trottinettes. Peut-être que c'est ça la technique pour boire comme une vraie adulte, lentement, petite gorgée par petite gorgée : il faut s'occuper pour patienter.
— Nan mais elle était avec ses parents, ils lui ont payé pour son anniversaire.
— Qui elle a vu alors ?
— Ben, elle était à deux tables du Préfet !
— Ah bon... Mais je croyais que tu allais me parler d'une star.
Agathe agrippe le contenant qu'elle s'apprête déjà à vider du peu de bière qu'il reste. L'ennui quand le verre se vide avant la fin d'une conversation, c'est qu'on est tentée d'en commander un de plus. Elle n'aime pas tant que ça la bière, Agathe.
— Ouais mais c'est LE préfet, celui qui a autorisé le chantier des méga entrepôts. T'imagines, t'es juste à quelques mètres du mec qui a dit OK à tout le projet. Il est là à quelques mètres, il mange des plats fins, et pendant ce temps y'a des tractopelles qui anéantissent tout un écosystème.
— Et des manifestantes qui attendent leur condamnation...
— Voila. Donc il suffit d'aller dans un restaurant trop cher pour être sur le chemin de quelqu'un avec un pouvoir de décision trop grand. Moi je trouve ça fascinant.
Par frustration, ou par colère, Agathe avale le fond de bulles blondes avant de claquer sa chopine sur le dessous de verre.
— Comment tu peux avoir de l'appétit avec ce mec à côté, c'est surtout ça la question.

OLAEL Microfiction ☐ CC BY (feddit.fr)
 

Quand on y réfléchit bien, le système nerveux c'est la plateforme de réalité virtuelle la plus puissante qui existe. C'est ce que je me disais en regardant cette publicité sur écran. L'autre jour j'avais fait un rêve qui me laissait une sensation hyper intense, plus forte qu'une vraie rencontre. Tout ça c'est de l'électro-chimie dans le cerveau... Alors on peut bien fabriquer un monde dans des protéines à gober.
« OLAEL est la première destination accessible uniquement en rêve. » Du design onirique ça s'appelle. Il paraît que pour les bourges qui avalent ces cachets hors de prix, il y a des villes entières construites dans du matériel génétique, et qu'on peut y vivre des expériences qui dépassent les meilleurs équipements de Réalité Virtuelle. Des merveilles architecturales à voir, dignes de Gaudi ou du Taj Mahal, des villes entièrement peuplées à arpenter, où les goûts, les odeurs, et les sensualités sont sans limites.
J'ai regardé l'heure. J'allais être en retard pour pointer, à la mine de terres rares.

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[–] [S] 1 point 10 months ago* (last edited 10 months ago)

Thanks for replying. Do you mean all posts should have an excerpt and the ones who don't are stuck in some bad updating from Mastodon that never really occurs ? If you have spare time to look at it, it would be appreciated yes. I'm willing to file a bug report but obviously I would need to know on which part this failure happens.

  • source
  • parent
  • context
  •  

    Hi !
    So, when creating a post with tags on a Piefed instance (feddit.fr), I noticed that the results shown in Mastodon by searching the tags are not always the same: some posts are not shown with an excerpt in Mastodon, when some others do have an excerpt (along with a Read More link).
    I would like to know how can one ensure that the excerpt appears, because a blank message with only a link is not great to Mastodon viewers, especially when the posts are short fictions.

    Exemples

    You can see 2 different behaviours here, where posts appear differently in a Mastodon timeline. This is before clicking on them, and they used the same hashtag (#microfiction):

    • This one has no excerpt:
      VKaNThYQ6R6d4KT.png

    (The post is here: https://feddit.fr/c/microfictions/p/261665/nouveau-date )

    • This one has an excerpt (with markdown formatting even!)
      B54TDUG7Y3uqsAK.png

    (The post is here: https://piefed.social/c/playground/p/1619496/ligne-de-titre-premiere-ligne-du-message-sans-separation-par-une-ligne-vide )

    Can someone point me to precise documentation or tell me if this just need improvement in a future release ? Thanks !


    EDIT: I tried to edit one of the posts that weren't properly getting an excerpt, and after publishing my change (one line break at the end), I noticed that following my editing it does NOW have an excerpt when viewed in Mastodon. Strange thin is it doesn't have a link to the post, only a "Read More" link, but the link to the feddit.fr post is linked in the full message after you click Read More:
    https://feddit.fr/c/microfictions/p/261665/nouveau-date

    EDIT 2: Now the link below the excerpt has arrived, it was just a matter of time.

    Nouveau date Microfiction ☐ CC BY (feddit.fr)
     

    C'était mon premier vrai date depuis longtemps. À une table, dans un lieu public, comme des gens matures et responsables.
    Le mec à peine plus jeune que moi envoyait les bons signaux en face. Une légère fragilité assumée, enrobée d'un sourire qui lui imprimait de petites plissures aux coins des yeux. En commençant à plaisanter autour d'un verre, j'ai vite senti qu'on serait bien. On se parlait sans frictions. Mon cerveau envoyait les flux d'hormones pour éloigner tous les soucis. Il n'y avait plus qu'à découvrir cet inconnu qui renchérissait à mes blagues.
    À un moment, il a même sorti son téléphone, en disant: « Il faut que je te présente mon chatbot. On est très proches. »
    J'ai ri. Il avait un sens de l'humour qui me plaisait de plus en plus.
    Jusqu'à ce que je comprenne, en le voyant changer de contenance, qu'il ne plaisantait pas.

    Writever Janvier 2025 (1 mot par jour) Microfiction Writever (media.feddit.fr)
     

    Le principe est simple: 1 mot par jour pour rédiger des microfictions de 300 caractères, à poster sur Mastodon. Et vous pouvez les poster ici aussi (s'il vous reste de la place pour 23 caractères dans votre message Mastodon 💾 ) : voir le tuto https://feddit.fr/c/microfictions/p/259969/comment-poster-depuis-ou-vers-mastodon

     

    1. Poster ici depuis Mastodon

    Pour poster ici, pas obligatoire d'avoir un compte Piefed ou Lemmy. Depuis un compte mastodon, vous pouvez rédiger un message en mentionnant à la fin l'adresse de cette communauté comme s'il s'agissait d'un compte mastodon: @microfictions@feddit.fr

    w6XEXp7LQepm4GR.png

    • Pour avoir un titre, séparez la première ligne de votre message par un saut de ligne. C'est elle qui sera utilisée en titre dans le post ici.
      On peut voir le résultat dans ce test de message envoyé depuis un compte Mastodon:
      https://piefed.social/c/playground/p/1619496/ligne-de-titre-premiere-ligne-du-message-sans-separation-par-une-ligne-vide

    • ATTENTION: Pour les messages dans un thread , il faut que la mention @microfictions@feddit.fr apparaisse bien dans le premier message, ainsi que dans toutes les réponses du thread que vous voulez voir apparaître. Une mention dans un message en réponse à un thread dont le premier message n'a pas de mention n'apparaîtra pas ici.
      Contrairement à un message unique avec mention sur Mastodon, qui créera ici un post unique, les réponses dans des threads Mastodon qui mentionne bien @microfictions@feddit.fr sont ajoutées ici comme des commentaires sous le premier message/post parent. C'est donc moins visible si vous faites une long thread régulier. Vous pouvez voir à quoi ça ressemble avec ce post: https://feddit.fr/c/microfictions/p/261156/je-commence-2026-avec-un-nouveau-writever

    • En ce qui concerne les citations, les messages cités dans Mastodon n'apparaissent pas ici, il n'y aura que le texte que vous rajoutez qui sera lisible. (Et le titre devient inutile apparemment...):

    ​

    Comment faire des tests ?

    Pour tester tout ça, postez des messages depuis Mastodon en "mention privée" pour ne pas innonder vos followers, et au lieu de mentionner @microfictions@feddit.fr , mentionnez @test@feddit.fr
    Ensuite, allez constater le résultat: https://feddit.fr/c/test

    ​

    ​

    2. Commenter sous un post depuis mastodon

    Pour envoyer un commentaire à un post déjà existant ici, il vous faudra

    • copier l'adresse du post (de type https://feddit.fr/post/259969/ )

    • coller ensuite cette adresse dans votre barre de recherche Mastodon.

    • En cliquant sur le message trouvé par mastodon, vous pourrez y répondre comme pour n'importe quel message Mastodon. Votre réponse s'affichera ici à la suite des commentaires.

    Ib8i9rEQ08fFv7b.png

    ​

    Comment faire des tests ?

    N'hésitez pas utiliser le post que vous lisez actuellement pour envoyer des commentaires depuis Mastodon, l'url à coller est : https://feddit.fr/post/259969/

    ​

    ​

    3. S'abonner dans Mastodon

    Pour recevoir les nouveaux posts de https://feddit.fr/c/microfictions dans Mastodon, il suffit de s'abonner à l'identifiant: @microfictions@feddit.fr (Le compte n'affiche aucun message à première vue, mais vous recevrez bien les post une fois abonné⋅e)

    sSarBduDnBteLB3.png

    ​

    ​

    4. Poster vers Mastodon depuis feddit.fr

    En créant un post ici, vous pouvez ajouter des tags dans le champ dédié, en dessous du corps de message. Les messages apparaissent ainsi dans les recherches par mots-clés dans Mastodon, comme on peut le voir avec le tag #microfiction : https://ludosphere.fr/tags/microfiction

    ​

    MTk2Rk9LlRf7vKh.png

    ​

    ​

    Pile ou Face [5] Feuilleton ☐ CC BY Nouvelle (feddit.fr)
     

    La porte est restée ouverte un moment.
    Je n'ai pas compris pourquoi tout de suite. Jusqu'à ce que les grosses roues d'un fauteuil électrique franchissent le seuil. La personne installée dedans a glissé sous la lumière et les roues se sont immobilisées. Elle pilote d'un doigt sur un petit joystick. Elle est de dos. Une femme maquillée, avec un pantalon noir et un manteau très classe, des petits escarpins, et un chapeau qui lui fait comme un gâteau sur la tête. Je n'avais jamais vu quelqu'un porter un chapeau entortillé comme ça avec des rubans et de la mousseline, sauf dans des fêtes déguisées.
    Un mec la suit. Il est raide lui, dans son costume noir avec une cravate grise. Il est allé faire un signe à la conductrice, mais au lieu de sortir elle a déclenché l'ouverture du coffre de la Porsche, qui monte lentement. Et la femme en fauteuil, derrière, attend en regardant le mouvement ascendant du haillon, avec le mec en blazer qui est revenu à côté d'elle se poster comme un piquet, regard droit, les mains l'une sur l'autre devant les cuisses.
    Le vent souffle, on voit danser les ombres d'arbres projetées par un lampadaire.
    Et ce chapeau de grande bourgeoise, il me fascine. Tellement ridicule, mais imposant à la fois. On ne peut pas l'éviter du regard.
    Il y a deux autres en costume noir qui arrivent. Un homme avec une femme assez jeune, qui transportent à bout de bras une longue planche en bois toute ficelée. Les costumes noirs c'est pour les domestiques. Je le sais parce que mon frère a bossé dans un hôtel de luxe. Devant le coffre ouvert, les deux employé⋅es s'arrêtent. On dirait qu'illes attendent des instructions.
    La femme en fauteuil fait des tout petits mouvements du menton. Son cou ne peut pas bouger, mais ses lèvres articulent des phrases. Les autres l'écoutent apparemment : après son intervention, le gars et la jeune déposent très doucement le colis tout plat à l'entrée du coffre, et illes se mettent à le faire coulisser dedans avec précaution.
    J'avais tort au sujet des bourges je crois, c'est un couvre-chef qui fait la différence.

    Sauf qu'il y a un problème.
    Ça ne rentre pas jusqu'au fond.
    Le fauteuil se déplace maintenant. La dame au chapeau fait le tour du coffre pour venir inspecter. Les manutentionnaires ressortent une partie de ce chargement pas très épais mais qui doit être cher précieux. Illes le font coulisser encore un coup pour que ça rentre en diagonale cette fois. Le résultat n'a pas l'air satisfaisant non plus, alors le fauteuil se remet à tournoyer. Elle fait des demi cercles méticuleux en roulant, puis se fige et pivote pour se tourner parfaitement en face du coffre. C'est sûrement un tableau de valeur dans l'emballage. Ou un grand tirage photographique, un truc de collectionneuse d'Art.
    La portière s'ouvre enfin à l'avant.
    La situation doit être désespérée pour la forcer à sortir.
    La conductrice met les pieds dehors sans se presser. Des cheveux châtains courts, lunettes de soleil passe-partout. Elle ouvre une portière à l'arrière, tout aussi calmement, et se penche à l'intérieur du véhicule. Elle n'a pas adressé un regard aux autres. Je les regarde s'agiter quand le bout de planche qui dépassait disparaît entièrement. Tout le monde veut inspecter le résultat. La conductrice se redresse, avant de refermer la portière. Elle fait quelques pas, toujours sans précipitation, en direction du groupe qui contemple le cul du SUV. Avec la femme au chapeau enflé, elle échange un ou deux mots, pendant qu'une bourrasque chahute cette coiffe qui couronne le fauteuil électrique. La fermeture du haillon de coffre se déclenche à distance, et le chapeau ne s'est pas envolé, il est sûrement très bien attaché. La chauffeuse, une main dans la poche, surveille patiemment le mouvement de fermeture. Tout le monde observe le coffre attentivement.
    Quand il n'y a plus rien à voir, elle retourne sans précipitation s'asseoir au volant.
    Le vent se remet à souffler.
    Comme dans mes craintes, tout se précipite.
    La voiture commence à rouler, vers la barrière du parking. La dame en fauteuil se retourne vers la porte arrière du casino. Deux des employé⋅es sont déjà rentré⋅es. La barrière se soulève, la Porsche franchit cette démarcation. Elle va s'éloigner silencieusement. Je recentre ma visée sur la backdoor. Les pneus cannelés du fauteuil qui s'approchent de la lourde issue de secours. Un coup de vent secoue les grandes ombres autour. Le fauteuil s'est engagé, il disparaît derrière l'acier du battant de porte.
    Quelques secondes suspendues, avant que cette ouverture ne se replie définitivement.

    Mes jumelles braquées sur le carré de lumière déserté, je contemple l'absence soudaine. Elle laisse un goût que je ne sais pas expliquer. Les histoires ont un début, un milieu, et un néant. Je n'arrive pas à me décrocher de cette scène remplie brusquement par le néant, sous l'éclairage automatique qui va bientôt s'éteindre.
    Illes ont disparu.

    Tous les récits qui étincellent.
    Et jamais de conséquences.

    Le vide ne règne pas totalement.
    Une feuille de papier vole.
    Happée dans la lumière.
    Elle décrit une jolie courbe en montant à la verticale, avant de flotter un instant et de redescendre devant ce mur crépi où on s'agitait il y a une minute.

    Un simple bout de papier qui pourrait raconter tellement. Est-ce qu'elle leur appartenait, perdue par maladresse dans les déplacements autour du véhicule ?
    Un bon de commande, un reçu de gains, une note d'instructions, ou même une bête liste de courses...

    Un nouveau coup de vent tire la feuille volante dans la direction opposée.
    À Quelques mètres, dans les buissons qui bordent l'aberration écologique, elle est allée terminer ses volutes.

    Je reste les yeux fixés sur cette petite forme accidentelle prise dans les branchages.
    Le cœur qui bat à nouveau.
    L'excitation dépasse même le petit malheur d'avoir froid et de se sentir seul.
    Je ne pense qu'à une chose. Descendre là-bas pour récupérer cette feuille de papier. Un petit risque à prendre, comme une nouvelle mise.

    C'est la pièce qui va décider.
    Précipite les conséquences.

    Pile, ou face.

    Pile ou Face [4] Feuilleton ☐ CC BY (feddit.fr)
     

    Le vent qui souffle avant minuit vient de se lever. Dans la vallée on dit que ça annonce un temps nuageux.
    J'enfouis mon menton dans le cache-cou de cycliste, devant le ciel étoilé, et je repense à la boucle qu'il faudra réintégrer une fois mon cul décollé de ce banc. Un sample de réalité qui tourne entre quatre murs. Le hasard décidera de l'heure de mon retour, mais quelque soit le prochain résultat du lancer de la pièce de monnaie, je sais que je reviendrai toujours dans un salon carrelé blanc. Encore une vérité qui laisserait la psy sans voix : les propriétaires dallent leurs appartements tristes comme des labos pour nettoyer plus facilement les traces de nos existences. C'est pas juste du mauvais goût en décoration. C'est intentionnel.

    Avant de rentrer dans mon petit studio vide, je veux la suite du spectacle.
    Il y a eu plusieurs arrivées devant la montée des marches, en bas. Le seul engin qui retient mon attention n'a toujours pas ouvert une portière vers notre dimension. Une voiture diplomatique, est-ce que c'est comme une valise diplo que même les flics n'ont pas le droit d'ouvrir ? Le véhicule reste stationné avec les phares, au tréfonds de la parcelle privative, pendant que les autres voitures tournent en rond devant des barrières sans pouvoir accéder aux secrets de l'arrière-boutique. Une femme à cheveu court est seule derrière le volant. C'est tout ce que j'en sais. Je n'ai pas eu le temps de la voir correctement avant qu'elle ne se gare à l'abri. Elle doit attendre quelqu'un dans sa Porsche, un SUV coûteux mais très commun, rien d'exceptionnel pour un spotteur.
    Moi c'est le contenu qui m'affole.
    Je pensais qu'un casino était le comble de l'opacité. Je n'avais jamais réfléchi au vide légal des consulats et des ambassades.
    Une chambre obscure qui se déplace dans notre espace public tout en se maintenant au-dessus des juridictions des pays qu'elle traverse, ça laisse quand même beaucoup de place à l'imagination. Surtout ici.
    Pourquoi la conductrice ne descend pas ? Par moment une tache bleutée apparaît derrière les vitres, mais les jumelles ne sont pas faîtes pour observer la nuit. La petite lueur d'écran se noie entre la clarté des phares et celle des illuminations sur la façade du casino.
    Peut-être qu'elle est chauffeuse, pour un riche client, ou pour quelqu'un qui travaille là. Qu'elle est une sorte de livreuse... ? Avec les privilèges spéciaux d'un véhicule inviolable comme ça, il pourrait y avoir n'importe quoi à l'intérieur. Des trucs illégaux. Je ne peux pas m'empêcher de penser à des choses compliquées. C'est vrai que j'ai un petit côté paro, la psy l'a quand même bien compris. Pourtant ça serait pas surprenant que des bails sombres aient lieu aussi chez nous, même si on est dans un trou à vaches. Les rubriques judiciaires dans les médias sont pleines d'histoires de détournements de fonds et de corruption, jusque dans les petites mairies. Si je me souviens bien, il y avait eu une histoire il y a quelques années, un fils de diplomate qui déplaçait de la drogue dans ses valises protégées par le secret diplomatique.

    Le vent qui me glace le nez, ça me sort de mes fantasmes.
    Je remonte le cache-cou jusque sous les paupières, et je me souviens que je suis en train de brûler le temps en me racontant des histoires. Qu'il va falloir faire un choix pour y mettre fin. Je me souviens aussi qu'en calculant vite fait le ratio, j'ai plus de chances d'être déçu qu'émerveillé, sur ce tapis de réalité.
    J'espionne ce parking comme s'il allait y avoir un bouquet final, mais ce qui va vraiment se passer d'ici quinze ou vingt minutes, c'est que j'aurai à peine le temps d'apercevoir un dénouement sans intérêt. Encore un. Quelqu'un va sortir du casino et monter en vitesse dans la Porsche. La voiture disparaîtra avec son contenu, sans rien me raconter.
    Et ensuite, je serai de nouveau tout seul dans la nuit.

    J'ai froid.
    Encore un peu de patience avant de lancer ma pièce pour décider.
    Même si je ne vois rien d'excitant ce soir, je veux rester jusqu'au bout de ma fiction diplomatique. Je me suis accroché à cette plaque d'immatriculation CD, je dois la voir disparaître sur la route pour pouvoir passer à autre chose. C'est rare d'être encore accroché par quelque chose. Alors j'attends, et je baisse les jumelles. Je visualise l'intérieur des lieux. Dedans il y a la moquette rouge partout. Le bar, sur la gauche, où même les péons comme moi peuvent se prendre pour quelqu'un. Je suis rentré une fois pour voir, au début. Au fond il y a la salle de jeu, barrée par des portiques. Il faut s'adresser à la caisse pour aller plus loin, un grand comptoir où une femme en chemise col blanc reste assise toute la journée à attendre. On ne visite pas le royaume des machines à sous sans acheter d'abord des jetons. Le bar est accessible librement, mais si on tourne en rond sans dépenser d'argent, un vigile s'approche.
    J'avais imaginé boire un verre là-bas juste pour entendre des conversations de bourges du coin qui se donnent des rendez-vous d'affaires. Sauf qu'une seule conso c'est mon budget des courses pour la semaine.
    Et puis quand le mec en costume est venu me demander si j'attendais quelqu'un, j'ai eu l'impression d'être un clochard avec mes vêtements de tous les jours.

    Oh...
    Il y a du mouvement au fond du parking privé.
    J'attrape les optiques grossissantes qui pendent à mon cou.
    Un éclairage s'est déclenché à l'arrière du casino. Une porte de secours qui s'ouvre perpendiculaire. Elle reste maintenue dans cette position, le panneau gris face à moi, mais je vois personne. L'éclairage extérieur est tellement fort qu'on devine le grain du crépi sur le mur.
    J'attends celui ou celle qui va se précipiter dans ce théâtre.
    D'une seconde à l'autre...
    Allez.
    Alors, qu'est-ce que vous attendez ?

    Pile ou Face [4] Feuilleton ☐ CC BY (feddit.fr)
     

    Le vent qui souffle avant minuit vient de se lever. Dans la vallée on dit que ça annonce un temps nuageux.
    J'enfouis mon menton dans le cache-cou de cycliste, devant le ciel étoilé, et je repense à la boucle qu'il faudra réintégrer une fois mon cul décollé de ce banc. Un sample de réalité qui tourne entre quatre murs. Le hasard décidera de l'heure de mon retour, mais quelque soit le prochain résultat du lancer de la pièce de monnaie, je sais que je reviendrai toujours dans un salon carrelé blanc. Encore une vérité qui laisserait la psy sans voix : les propriétaires dallent leurs appartements tristes comme des labos pour nettoyer plus facilement les traces de nos existences. C'est pas juste du mauvais goût en décoration. C'est intentionnel.

    Avant de rentrer dans mon petit studio vide, je veux la suite du spectacle.
    Il y a eu plusieurs arrivées devant la montée des marches, en bas. Le seul engin qui retient mon attention n'a toujours pas ouvert une portière vers notre dimension. Une voiture diplomatique, est-ce que c'est comme une valise diplo que même les flics n'ont pas le droit d'ouvrir ? Le véhicule reste stationné avec les phares, au tréfonds de la parcelle privative, pendant que les autres voitures tournent en rond devant des barrières sans pouvoir accéder aux secrets de l'arrière-boutique. Une femme à cheveu court est seule derrière le volant. C'est tout ce que j'en sais. Je n'ai pas eu le temps de la voir correctement avant qu'elle ne se gare à l'abri. Elle doit attendre quelqu'un dans sa Porsche, un SUV coûteux mais très commun, rien d'exceptionnel pour un spotteur.
    Moi c'est le contenu qui m'affole.
    Je pensais qu'un casino était le comble de l'opacité. Je n'avais jamais réfléchi au vide légal des consulats et des ambassades.
    Une chambre obscure qui se déplace dans notre espace public tout en se maintenant au-dessus des juridictions des pays qu'elle traverse, ça laisse quand même beaucoup de place à l'imagination. Surtout ici.
    Pourquoi la conductrice ne descend pas ? Par moment une tache bleutée apparaît derrière les vitres, mais les jumelles ne sont pas faîtes pour observer la nuit. La petite lueur d'écran se noie entre la clarté des phares et celle des illuminations sur la façade du casino.
    Peut-être qu'elle est chauffeuse, pour un riche client, ou pour quelqu'un qui travaille là. Qu'elle est une sorte de livreuse... ? Avec les privilèges spéciaux d'un véhicule inviolable comme ça, il pourrait y avoir n'importe quoi à l'intérieur. Des trucs illégaux. Je ne peux pas m'empêcher de penser à des choses compliquées. C'est vrai que j'ai un petit côté paro, la psy l'a quand même bien compris. Pourtant ça serait pas surprenant que des bails sombres aient lieu aussi chez nous, même si on est dans un trou à vaches. Les rubriques judiciaires dans les médias sont pleines d'histoires de détournements de fonds et de corruption, jusque dans les petites mairies. Si je me souviens bien, il y avait eu une histoire il y a quelques années, un fils de diplomate qui déplaçait de la drogue dans ses valises protégées par le secret diplomatique.

    Le vent qui me glace le nez, ça me sort de mes fantasmes.
    Je remonte le cache-cou jusque sous les paupières, et je me souviens que je suis en train de brûler le temps en me racontant des histoires. Qu'il va falloir faire un choix pour y mettre fin. Je me souviens aussi qu'en calculant vite fait le ratio, j'ai plus de chances d'être déçu qu'émerveillé, sur ce tapis de réalité.
    J'espionne ce parking comme s'il allait y avoir un bouquet final, mais ce qui va vraiment se passer d'ici quinze ou vingt minutes, c'est que j'aurai à peine le temps d'apercevoir un dénouement sans intérêt. Encore un. Quelqu'un va sortir du casino et monter en vitesse dans la Porsche. La voiture disparaîtra avec son contenu, sans rien me raconter.
    Et ensuite, je serai de nouveau tout seul dans la nuit.

    J'ai froid.
    Encore un peu de patience avant de lancer ma pièce pour décider.
    Même si je ne vois rien d'excitant ce soir, je veux rester jusqu'au bout de ma fiction diplomatique. Je me suis accroché à cette plaque d'immatriculation CD, je dois la voir disparaître sur la route pour pouvoir passer à autre chose. C'est rare d'être encore accroché par quelque chose. Alors j'attends, et je baisse les jumelles. Je visualise l'intérieur des lieux. Dedans il y a la moquette rouge partout. Le bar, sur la gauche, où même les péons comme moi peuvent se prendre pour quelqu'un. Je suis rentré une fois pour voir, au début. Au fond il y a la salle de jeu, barrée par des portiques. Il faut s'adresser à la caisse pour aller plus loin, un grand comptoir où une femme en chemise col blanc reste assise toute la journée à attendre. On ne visite pas le royaume des machines à sous sans acheter d'abord des jetons. Le bar est accessible librement, mais si on tourne en rond sans dépenser d'argent, un vigile s'approche.
    J'avais imaginé boire un verre là-bas juste pour entendre des conversations de bourges du coin qui se donnent des rendez-vous d'affaires. Sauf qu'une seule conso c'est mon budget des courses pour la semaine.
    Et puis quand le mec en costume est venu me demander si j'attendais quelqu'un, j'ai eu l'impression d'être un clochard avec mes vêtements de tous les jours.

    Oh...
    Il y a du mouvement au fond du parking privé.
    J'attrape les optiques grossissantes qui pendent à mon cou.
    Un éclairage s'est déclenché à l'arrière du casino. Une porte de secours qui s'ouvre perpendiculaire. Elle reste maintenue dans cette position, le panneau gris face à moi, mais je vois personne. L'éclairage extérieur est tellement fort qu'on devine le grain du crépi sur le mur.
    J'attends celui ou celle qui va se précipiter dans ce théâtre.
    D'une seconde à l'autre...
    Allez.
    Alors, qu'est-ce que vous attendez ?

     

    Avantages de Piefed

    Feddit.fr est une instance du Fediverse/ Threadyverse qui utilise Piefed au lieu de Lemmy. Pour cette petite communauté il y a plus d'avantages à utiliser Piefed, qui permet entre autres d'ajouter des catégories bien visibles aux posts (flairs sur Reddit, étiquettes sur Piefed), et d'ajouter des mots-clés dans un champs supplémentaire des posts pour les trouver directement sur Mastodon (exemple: https://ludosphere.fr/tags/microfiction )

    J'aimerai pouvoir étendre un peu les catégories de textes et formats courts pour inclure la poésie, des liens vers des nouvelles, des writever/nano, et des consignes d'écriture. Pour faire venir des auteurices qui écrivent déjà ailleurs (Mastodon en général), il faut une instance avec une interface qui permette une meilleure organisation du contenu que Lemmy, ce que Piefed fait déjà de mieux en mieux (tout en évoluant + vite que Lemmy)

    La question des bas-votes est aussi mieux gérée sur Piefed. Dans une petite commu de création, bas-voter n'est pas du tout constructif, cela bride les gens qui osent à peine écrire, et ça frustre les autres, sans retour précis de ce qui est à retravailler dans leurs écrits. Les options pour éviter les bas-votes sont plus adaptables avec Piefed, où on peut les limiter aux comptes de l'instance ou seulement aux abonné⋅es.

    Que signifie la migration ?

    Vous pouvez rester abonné⋅es ici sans avoir de compte sur Feddit.fr, mais un compte sur un instance Piefed (au lieu de Lemmy) vous donnera accès au fonctionnalités de tri, étiquettes, etc...
    Pour voir à quoi ça ressemble, avant la migration, vous pouvez déjà consulter la commu comme ça: https://feddit.fr/c/microfictions@jlai.lu

    Concrètement pour migrer, au lieu de créer une nouvelle commu toute neuve sur Feddit.fr, il existe avec Piefed un bouton "déplacer la communauté" qui importe (presque) tous les anciens posts. L'ancienne commu sur jlai.lu sera donc verrouillée.

    Quand aura lieu la migration ?

    Je ne sais pas. Dans quelques jours, ça dépendra de la discussion ici et de mon temps libre.

    [–] 1 point 1 year ago

    Mais ça sous-entend que l'usage du mot autrice est une modification non-neutre de la langue. Alors que c'est l'académie française qui a activement masculinisé le terme par le passé. L' "obstacle" c'était eux quoi.

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  • [–] [S] 1 point 1 year ago*

    (Je testais la longueur de la zone de titre pour poster par mot-clé en simultané sur Mastodon depuis Piefed, et afficher directement l'intégralité du contenu sans avoir à cliquer sur le lien Piefed. On voit le résultat en cherchant le mot-clé #microfiction sur Mastodon. Sur Feddit.fr on peut afficher les 255 caractères du titre en entier, sur Mastodon ça apparaît aussi, mais sur jlai.lu il manque quelques mots.)

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  • [–] 6 points 1 year ago (10 children)

    Et par exemple, bien avant que l'Académie Française ne décide le contraire, le terme "autrice" existait en littérature. Comme quoi la langue figée ça n'existe pas.

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