Le déploiement de l’IA semble inéluctable. Et alors ? « On est libre de l’utiliser ou non. » « Tout dépend de l’usage qu’on en fait. » « Trop tard, les jeunes l’utilisent déjà. » Dans cette analyse, Olivier Lefebvre reprend les termes du débat et rappelle que l’IA est une technologie, insérée dans un système technique : l’adopter fait changer la société.

[–] 4 points 11 months ago*

Bon courage, malgré tous mes efforts je ne suis pas parvenu à en préserver mon fils. Il n'a eu smartphone qu'en troisième, mais même avec un ordinateur c'est sur Roblox qu'il passait son temps. Avec le smartphone il s'est mis à alterner entre les jeux les plus bêtes et les shorts Youtube. Il a fallu confisquer l'appareil et le remplacer par un modèle eink moins addictif.

Face aux copains on est impuissants. On aura beau leur glisser de pépites du jeu indé, leur assurer qu'on préfère leur acheter de vrais bons jeux... C'est le plus petit dénominateur commun qui fait la loi : le jeu gratuit le plus abrutissant auquel tous les potes acceptent de jouer.

Même combat pour Signal : on l'utilise avec sa mère pour gérer les échanges avec notre fils... Mais quand même les profs et le club d'échec du lycée préconisent Whatsaoo on ne peut pas lutter. Là encore, c'est l'argument massue : "tout le monde l'a".

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    « Les forces du marché ne suffisent pas à elles seules à fournir ce bien public qu’est l’information à hauteur de ce qu’exigent notre économie et notre société modernes. Les modèles économiques actuels sont défaillants, et à mesure que les revenus se déplacent vers les plateformes en ligne, les entités puissantes peuvent coopter ou réduire au silence les médias indépendants. Il est alarmant de constater que le soutien de l’État aux médias d’intérêt public reste faible, surtout si on le compare aux ressources substantielles allouées à la propagande par les régimes autocratiques. »

    Lire aussi la Déclaration (à télécharger en fin de communiqué) :

    « La multiplication des plateformes numériques détenues et gérées par une poignée de grandes entreprises technologiques prive désormais les autres organes de presse de leurs sources de revenus, tout en favorisant la croissance d'un marché de l'information insuffisamment réglementé et vulnérable à la désinformation et la mésinformation, problèmes encore exacerbés à l'ère de l'IA. »

    [–] 8 points 1 year ago

    Pour l'info quotidienne plus mainstream, franceinfo reste une valeur sûre. Avec une ligne éditoriale très modérée (service public oblige), ces derniers temps ils débunkent pas mal d'approximations du gouvernement.

    Pour prendre du recul à la lumière des expertises universitaires, The Conversation France est incontournable.

    Pour une analyse vraiment ancrée à gauche avec un peu de hauteur de vue, Le Monde Diplomatique. Et pour des documentaires d'investigation sérieux dans un format original, La Revue Dessinée.

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  • [–] [S] 8 points 1 year ago (1 child)

    Morceaux choisis :

    empêcher l’accès à un contenu en ligne – par la censure ou la vérification de l’âge –, c’est s’attaquer aux symptômes plutôt qu’aux causes. (...) Plutôt que de se focaliser sur la censure, c’est une remise en cause profonde du modèle des plateformes en ligne qu’il est nécessaire d’opérer. Le modèle économique de Kick repose sur une absence quasi totale de modération des contenus, afin de pouvoir mettre en avant l’industrie des jeux d’argent en ligne dont dépend Stake, sa maison mère.

    Ce modèle économique est proche de celui des Big Tech, les géants du numérique, qui, eux, dépendent de revenus publicitaires et imposent massivement aux internautes des publicités qu’un pistage massif de leurs activités en ligne a permis de sélectionner pour eux. Dans les deux cas, le moteur est la mise en avant, pour des questions économiques, de contenus toxiques.

    Cette centralisation des échanges entre les mains de quelques acteurs a des conséquences graves pour nos démocraties, surtout lorsque ces intérêts économiques sont mis au service de projets politiques. C’est, par exemple, le cas du réseau X, anciennement Twitter, instrumentalisé par son patron, Elon Musk, pour promouvoir l’extrême droite, alors que TikTok sert de plateforme d’ingérence électorale russe en Roumanie. Ce genre d’opérations est soutenu par des algorithmes qui dépendent de la collecte illicite et massive de données personnelles. (...) Déconstruire la centralisation des échanges en ligne est fondamental, pas parce que cela empêcherait tout drame de se produire (croire qu’il serait possible de le faire est illusoire et dangereux), mais parce que cela limiterait la promotion et la viralité de contenus toxiques.

    L’affaire Pormanove ne traduit pas un droit inadapté à Internet, mais plutôt l’incapacité des pouvoirs publics à mener des politiques de long terme qui traiteraient les problèmes à la racine. Ces outils, comme l’augmentation des moyens de la justice, l’ambition d’appliquer réellement le droit ou encore la décentralisation des acteurs du numérique, sont délaissés au profit de décisions court-termistes qui ne font que cacher la poussière sous le tapis.

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    Le juriste Bastien Le Querrec revient, dans une tribune au « Monde », sur la question de la régulation des contenus en ligne, à la suite de la mort du streameur Jean Pormanove, en direct sur la plateforme Kick. Il explique que c’est une remise en cause profonde du modèle des plateformes en ligne qu’il est nécessaire d’opérer.

    [–] 1 point 1 year ago

    L’OCDE publie aussi un indicateur bien plus pertinent : le nombre d’heures travaillées par personne en emploi (temps partiel ou temps plein).

    Pas si pertinent que ça. Les disparités observées avec cet indicateur semblent fortement liées à la situation du marché du travail dans chaque Etat : un travailleur Grec assure certes 400 heures de plus par an qu'un Français, et un Allemand 150h de moins. Mais moins de 64% des Grecs en âge de travailler ont un emploi, contre 69% en France et 77% en Allemagne.

    Peut-être faudrait-il prendre en compte le travail invisible lié aux tâches ménagères et aux enfants... Si les deux membre d'un couple exercent un emploi sur une base égalitaire, on ne peut pas attendre qu'iels assurent autant d'heures en emploi que les membres d'un couple dont l'une est au foyer et assure toute la logistique permettant à l'autre de se consacrer exclusivement à son activité professionnelle.

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  • [–] 2 points 1 year ago (1 child)

    Les exemples sont édifiants, mais je déplore comme toi le ton sensationnaliste du propos.

    L'enquête ne dit pas assez que la recherche publique est muselée par le financement par projets, l'exigence de cofinancements privés, à produire de la "PI" transférable. Les chercheurs désireux d'expérimenter sont contraints de se conformer aux appels orientés pour nourrir la "transition digitale" ou la "révolution de l'IA".

    Que certains adhèrent à cette idéologie n'a rien de surprenant. Les jeter en pâture dans des enquêtes-choc n'y changera rien et ne fait que saper la crédibilité de la recherche publique.

    Nous avons besoin d'ingénieurs (dev, UX/UI, data) dans les labos de SHS, de science ouverte, de transfert vers l'ESS. Bref, d'une politique de recherche qui surmonte l'impensé numérique.

    Au lieu de quoi, l'enquête diabolise "les écrans" et "les réseaux sociaux", comme si leur forme actuelle et dominante allait de soi. Elle ne dénonce pas le dévoiement des potentiels du numérique par des firmes accrocs à leur modèle économique toxique. C'est pourtant à ce modèle qu'il nous faut nous attaquer. Nous ne sommes que les fumeurs passifs de la dépendance des BigTech à la publicité ciblée et à nos données personnelles.

    Un autre numérique est possible. Le problème, c'est que nos politiques et nos journalistes sont incapables de l'imaginer. Ils s'ingénient à prétendre défendre les jeunes, alors qu'eux-même sont addicts à la pire des plateformes antisociale : X.

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